Le financier géant au sarrasin de Mercotte

Le financier géant au sarrasin de Mercotte

Au cœur du patrimoine pâtissier français, le financier se dresse tel un lingot d’or, une gourmandise intemporelle dont la simple évocation suffit à faire saliver. Mais lorsque la plus célèbre des gardiennes du temple de la pâtisserie, Mercotte, décide de le réinventer, le classique se pare d’une modernité audacieuse. Oubliez la portion individuelle, place au partage et à la convivialité avec sa version spectaculaire : le financier géant. Plus qu’une simple question de taille, c’est une véritable signature gustative qu’elle y appose en introduisant la farine de sarrasin. Ce « blé noir » breton, aux notes rustiques et torréfiées, vient bousculer la douceur de l’amande pour créer un équilibre surprenant et terriblement addictif. Ce n’est plus seulement un gâteau, c’est une expérience. Une texture moelleuse à cœur, des bords délicatement croustillants, et ce parfum de beurre noisette qui se marie à la perfection avec le caractère bien trempé du sarrasin. Nous vous invitons aujourd’hui à enfiler votre tablier pour percer les secrets de cette recette signature, un dessert qui allie avec brio la tradition et l’innovation, la simplicité et le raffinement. Préparez-vous à impressionner vos convives avec un gâteau qui a une âme et une histoire à raconter.

20 minutes

35 minutes

facile

€€

Ingrédients

personnes +

Ustensiles

Préparation

1. La confection du beurre noisette, l’âme du financier

Commencez par l’étape cruciale qui donnera à votre financier son goût incomparable : le beurre noisette. Dans une petite casserole à fond clair de préférence, pour bien surveiller la coloration, faites fondre le beurre clarifié à feu moyen. Laissez-le cuire doucement. Vous entendrez d’abord un crépitement, c’est l’eau résiduelle qui s’évapore. Restez bien à côté et observez. Lorsque le crépitement cesse, le beurre va commencer à mousser et à se colorer. Des petits dépôts bruns vont se former au fond de la casserole et une délicieuse odeur de noisette grillée va embaumer votre cuisine. C’est le signal ! Retirez immédiatement la casserole du feu pour stopper la cuisson. Passez le beurre à travers une petite passoire fine pour retirer les dépôts (le petit-lait) si vous souhaitez un goût plus subtil, ou conservez-les pour un arôme plus corsé. Laissez-le tiédir tranquillement, il doit être aux alentours de 40-45°C au moment de l’incorporation.

2. Le mélange des ingrédients secs

Pendant que le beurre tiédit, occupez-vous des poudres. Dans un grand bol ou dans la cuve de votre robot, versez le sucre glace, la poudre d’amandes, la farine de sarrasin et la fleur de sel. L’idéal est de tamiser l’ensemble de ces ingrédients à l’aide d’un tamis. Cette action, qui peut sembler superflue, est en réalité très importante : elle permet d’éliminer les éventuels grumeaux et surtout d’aérer les poudres. Un mélange bien aéré garantira une texture finale beaucoup plus légère et homogène. Mélangez ensuite brièvement avec un fouet pour que tous les ingrédients secs soient parfaitement répartis.

3. L’assemblage de la pâte à financier

Il est temps de reconstituer vos blancs d’œufs. Dans un petit bol, mélangez la poudre de blancs d’œufs avec l’eau indiquée. Fouettez énergiquement pendant quelques instants jusqu’à obtenir un liquide homogène et légèrement mousseux. Versez ces blancs d’œufs reconstitués et l’extrait de vanille sur le mélange de poudres. À l’aide d’une maryse ou de la feuille de votre robot à vitesse lente, mélangez délicatement sans trop travailler la pâte. Il ne faut surtout pas incorporer d’air comme pour des meringues ; le but est simplement d’humidifier les poudres. Une fois que le mélange est homogène, versez en filet le beurre noisette tiède tout en continuant de mélanger doucement. Votre pâte à financier est prête. Elle doit être lisse, brillante et souple.

4. Le repos et la cuisson, secrets d’un moelleux incomparable

Préchauffez votre four à 170°C (thermostat 5-6) en mode chaleur statique. Beurrez et farinez généreusement votre moule à financier géant ou votre moule à manqué. Versez la pâte dans le moule et lissez la surface avec votre maryse. Idéalement, laissez la pâte reposer une trentaine de minutes à température ambiante avant d’enfourner. Cette pause permet aux arômes de se développer. Enfournez ensuite pour environ 30 à 35 minutes. Le financier est cuit lorsque les bords sont bien dorés et qu’une lame de couteau plantée au centre ressort sèche. Chaque four étant différent, surveillez bien la cuisson à partir de 25 minutes. Laissez le financier tiédir quelques minutes dans son moule avant de le démouler délicatement sur une grille pour qu’il refroidisse complètement.

Juliette Lambert

Mon astuce de chef

Pour un financier encore plus savoureux, préparez la pâte la veille ! Une fois réalisée, filmez-la au contact et réservez-la au réfrigérateur pendant 24 heures. Ce temps de maturation à froid va permettre aux arômes de beurre noisette et de sarrasin de se développer de manière spectaculaire. Le lendemain, sortez la pâte 30 minutes avant de la verser dans le moule et de procéder à la cuisson.

Accord parfait pour un goûter réconfortant

Ce financier géant au sarrasin, avec ses notes rustiques et grillées, appelle une boisson qui saura le sublimer sans l’écraser. Oubliez le café trop puissant. Optez plutôt pour un thé blanc délicat comme un Pai Mu Tan, dont les notes florales apporteront de la fraîcheur. Pour une touche locale et pétillante, un poiré fermier de Normandie, avec son acidité fruitée et ses fines bulles, créera un contraste des plus agréables. Enfin, pour les enfants et les amateurs de douceur, un jus de pomme artisanal non filtré sera le compagnon idéal, son côté fruité répondant merveilleusement bien à la saveur de l’amande.

Le financier, une histoire de gourmandise et de finance

Le saviez-vous ? Le financier tire son nom et sa forme de lingot du quartier de la Bourse à Paris. À la fin du XIXe siècle, un pâtissier du nom de Lasne eut la brillante idée de créer un petit gâteau facile à manger sur le pouce, sans se salir les doigts, pour sa clientèle de financiers pressés. Il reprit une vieille recette de Visitandines, des gâteaux ovales à base de poudre d’amandes, de blancs d’œufs et de beurre, et la modernisa en lui donnant la forme d’un petit lingot d’or. Le succès fut immédiat !

L’ajout de farine de sarrasin par Mercotte est un clin d’œil à la cuisine régionale française, notamment bretonne. Le sarrasin n’est pas une céréale mais une plante de la même famille que la rhubarbe. Ses graines, riches en protéines et sans gluten, offrent une saveur de noisette et de terre qui apporte une profondeur et une complexité uniques aux pâtisseries traditionnelles. C’est une magnifique façon de redécouvrir un classique sous un jour nouveau.

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