Le risotto crémeux de Toni Muzi : tous les secrets d’un chef italien pour le réussir à la perfection

Le risotto crémeux de Toni Muzi : tous les secrets d'un chef italien pour le réussir à la perfection

Le risotto. Rien que son nom évoque la chaleur de l’Italie, la générosité de sa cuisine et une onctuosité quasi légendaire. Pourtant, derrière ce plat emblématique se cache une technique précise, un savoir-faire que beaucoup redoutent. Combien de fois avons-nous obtenu une bouillie collante ou un riz croquant baignant dans un bouillon insipide ? Trop souvent. Aujourd’hui, nous poussons les portes de la cuisine du chef Toni Muzi, un maître en la matière qui a accepté de nous livrer, pas à pas, tous les secrets pour réaliser un risotto crémeux à la perfection. Oubliez la crème fraîche, oubliez les artifices. La magie du risotto réside dans le geste, le choix des ingrédients et le respect de quelques règles d’or. Préparez votre plus belle casserole, le voyage au cœur de la Lombardie commence maintenant, et vous en êtes le chef. Andiamo !

15 minutes

30 minutes

moyen

€€

Ingrédients

personnes +

Ustensiles

Préparation

1.

La première règle d’or d’un bon risotto est de ne jamais utiliser un bouillon froid. Dans une casserole, portez à ébullition 1.5 litre d’eau, puis diluez votre bouillon déshydraté. Une fois le bouillon prêt, baissez le feu au minimum pour le maintenir à frémissement tout au long de la recette. C’est un détail qui change tout : un bouillon chaud évite de stopper la cuisson du riz à chaque ajout, garantissant une cuisson homogène et une libération parfaite de l’amidon, la clé du crémeux.

2.

Dans votre sauteuse ou cocotte à fond épais, faites chauffer l’huile d’olive à feu moyen. Ajoutez les lamelles d’oignon séché et faites-les revenir doucement pendant une minute ou deux, juste le temps qu’elles se réhydratent et libèrent leur parfum. On ne cherche pas à les colorer, mais à créer une base aromatique douce et subtile. C’est ce que l’on appelle en Italie le soffritto, la base de presque tous les grands plats mijotés, consistant à faire suer des aromates dans un corps gras pour en extraire les saveurs.

3.

Augmentez légèrement le feu et versez tout le riz en une seule fois. Remuez constamment avec votre cuillère en bois pendant environ deux minutes. C’est l’étape de la tostatura, qui consiste à torréfier légèrement les grains de riz. Vous saurez qu’elle est réussie lorsque les grains deviendront translucides sur les bords et que vous entendrez un léger crépitement. Cette étape est fondamentale : elle permet de ‘nacrer’ le riz, c’est-à-dire de le rendre plus résistant à la cuisson. Il absorbera le bouillon progressivement sans se transformer en bouillie.

4.

Versez le vin blanc sec sur le riz bien chaud. Vous entendrez un grésillement satisfaisant. Remuez bien en grattant le fond de la casserole pour décoller tous les sucs de cuisson. Laissez l’alcool s’évaporer complètement jusqu’à ce que vous ne sentiez plus son odeur piquante, mais seulement le parfum fruité du vin. Cette opération, appelée déglaçage, apporte une très légère acidité qui viendra équilibrer la richesse du plat final.

5.

Une fois le vin absorbé, il est temps de commencer la cuisson à proprement parler. Baissez le feu à moyen-doux. À l’aide de votre louche, ajoutez une première louche de bouillon frémissant, juste assez pour couvrir le riz. Remuez doucement mais régulièrement. Le mouvement aide les grains à libérer leur amidon. Attendez que le liquide soit presque entièrement absorbé avant d’ajouter la louche suivante. Répétez cette opération pendant environ 18 à 20 minutes. Le risotto est prêt quand le riz est cuit mais encore légèrement ferme sous la dent, ce qu’on appelle al dente. La consistance générale doit être souple et fluide, comme une vague : all’onda.

6.

C’est le moment le plus magique, celui qui transforme un simple riz cuit en un risotto digne d’un chef. Retirez la casserole du feu. C’est impératif. Ajoutez le beurre bien froid coupé en petits dés et le parmigiano reggiano râpé. Maintenant, remuez énergiquement avec votre cuillère en bois, en faisant des mouvements circulaires et amples pour créer une émulsion. C’est la fameuse mantecatura, l’action de lier le risotto hors du feu avec une matière grasse pour lui donner son onctuosité et son brillant légendaires. Goûtez et ajustez l’assaisonnement en sel et en poivre. Couvrez et laissez reposer une minute avant de servir. Cette minute de repos permet aux saveurs de s’harmoniser parfaitement.

Juliette Lambert

Mon astuce de chef

Le secret de la mantecatura réside dans le choc thermique. Utilisez toujours un beurre très froid, tout juste sorti du réfrigérateur. Ce contraste de température avec le riz chaud va créer une émulsion parfaite et instantanée entre l’amidon du riz, l’eau du bouillon et le gras du beurre et du fromage. C’est cette science qui vous donnera un risotto incroyablement crémeux sans jamais ajouter une seule goutte de crème.

Quel vin pour sublimer votre risotto ?

Pour accompagner la richesse et la rondeur de ce risotto, l’accord idéal se trouve du côté des vins blancs italiens, secs et vifs. Leur acidité tranchera agréablement avec le crémeux du plat, sans en masquer les saveurs. Optez pour un Pinot Grigio du Frioul, un Soave Classico de Vénétie ou encore un Gavi du Piémont. Servez-le bien frais, autour de 10-12°C, pour une expérience gustative complète. Ces vins, avec leurs notes d’agrumes et leur minéralité, nettoieront le palais et vous prépareront à la bouchée suivante.

L’info en plus

Le risotto est un plat emblématique du nord de l’Italie, plus précisément de la plaine du Pô où la culture du riz est implantée depuis le 15ème siècle. Contrairement à une idée reçue, il existe plusieurs variétés de riz à risotto, chacune avec ses spécificités. Le Carnaroli est souvent surnommé le ‘roi des riz’ pour sa haute teneur en amidon et son excellente tenue à la cuisson, ce qui le rend plus ‘facile’ à réussir. L’Arborio, plus commun, est aussi excellent mais peut devenir pâteux si on le cuit trop. Le Vialone Nano, plus petit et plus rond, est le favori en Vénétie et absorbe les saveurs de manière exceptionnelle. La technique de la mantecatura, quant à elle, est un héritage de la cuisine riche et bourgeoise de Milan et de sa région.

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