Recette du gâteau au yaourt de Christophe Felder au rhum

Recette du gâteau au yaourt de Christophe Felder au rhum

Il est des classiques qui traversent le temps sans jamais prendre une ride. Le gâteau au yaourt en est l’exemple parfait, souvenir d’enfance pour beaucoup, première incursion dans le monde de la pâtisserie pour d’autres. Mais que se passe-t-il lorsque ce monument de la gourmandise familiale passe entre les mains d’un maître pâtissier tel que Christophe Felder ? Il se transforme. La simplicité demeure, mais elle s’enrichit d’une texture incomparable, d’un équilibre des saveurs parfait et, dans cette version, d’une note audacieuse et chaleureuse : le rhum. Loin d’être un simple gâteau pour le goûter, cette recette devient une véritable proposition de dessert, un plaisir régressif élevé au rang d’art. Nous vous invitons à redécouvrir ce pilier de la pâtisserie française, à travers le regard et le savoir-faire d’un chef qui a fait de la précision et de la générosité ses signatures. Préparez-vous à réaliser non pas un gâteau au yaourt, mais le gâteau au yaourt, celui qui vous fera oublier tous les autres.

35 minutes

facile

Ingrédients

personnes +

Ustensiles

Préparation

1. Préparation du matériel et préchauffage

Commencez par une étape fondamentale en pâtisserie : l’organisation. Sortez tous vos ingrédients et pesez-les si vous préférez utiliser une balance plutôt que le pot de yaourt. Allumez votre four et réglez-le sur 180°C (thermostat 6) en mode chaleur statique. Cette action, qui peut paraître anodine, est cruciale. Un four préchauffé garantit une cuisson homogène et une belle levée du gâteau. Pendant que le four atteint la bonne température, préparez votre moule. Beurrez généreusement l’intérieur d’un moule à manqué de 22 cm de diamètre, puis farinez-le. Cette technique, appelée chemiser un moule, consiste à créer une fine couche antiadhésive qui assurera un démoulage parfait de votre gâteau. Tapotez le moule pour retirer l’excédent de farine.

2. Mélange des ingrédients humides

Dans un grand saladier, versez le contenu du pot de yaourt. Nettoyez et séchez bien le pot, car il va devenir votre unité de mesure pour la suite. Ajoutez les deux pots de sucre en poudre et la pincée de sel, qui agira comme un exhausteur de goût. Cassez les deux œufs directement dans le saladier. À l’aide d’un fouet, mélangez énergiquement le tout jusqu’à obtenir une préparation lisse, homogène et légèrement blanchie. Le sucre doit être bien dissous. Incorporez ensuite le demi-pot d’huile neutre, l’extrait de vanille et les trois cuillères à soupe de rhum ambré. Continuez de fouetter doucement pour bien intégrer ces éléments liquides à la préparation.

3. Incorporation des poudres

C’est le moment clé pour obtenir une texture aérienne. Placez un tamis au-dessus de votre saladier. Versez-y les trois pots de farine et le demi-sachet de levure chimique. Le fait de tamiser, c’est-à-dire de faire passer les poudres à travers une grille fine, permet de les aérer et d’éliminer les éventuels grumeaux. Cela favorise une meilleure incorporation et donne un gâteau incroyablement léger. Une fois les poudres tamisées, changez d’ustensile. Laissez le fouet de côté et prenez une spatule souple, une maryse. Incorporez délicatement la farine au mélange liquide, en partant des bords et en ramenant la masse vers le centre. Il ne faut pas trop travailler la pâte à ce stade, juste assez pour qu’il n’y ait plus de traces de farine. Un mélange excessif développerait le gluten de la farine et rendrait le gâteau élastique.

4. Cuisson et contrôle

Versez la pâte obtenue dans votre moule chemisé. Lissez la surface avec le dos de votre spatule pour une cuisson uniforme. Enfournez sur la grille à mi-hauteur pour 35 minutes de cuisson. Attention, chaque four est différent, il s’agit donc d’un temps indicatif. Pour savoir si votre gâteau est cuit, la technique de la lame de couteau est infaillible. Après 30 minutes, piquez le centre du gâteau avec la pointe d’un couteau. Si la lame ressort propre et sèche, le gâteau est cuit. Si des traces de pâte y adhèrent, prolongez la cuisson de 5 minutes et testez à nouveau.

5. Démoulage et refroidissement

Une fois le gâteau cuit, sortez-le du four et laissez-le tiédir dans son moule pendant une dizaine de minutes. Cette attente est importante : un gâteau trop chaud est fragile et risquerait de se briser au démoulage. Après ce court repos, passez une lame de couteau fine entre le gâteau et le moule si nécessaire, puis retournez-le délicatement sur une grille à pâtisserie. Le fait de le laisser refroidir sur une grille permet à l’air de circuler tout autour, évitant ainsi que l’humidité ne s’accumule en dessous et ne ramollisse la base du gâteau. Laissez-le refroidir complètement avant de le déguster.

Juliette Lambert

Mon astuce de chef

Pour un gâteau encore plus parfumé et d’un moelleux incomparable, préparez un sirop d’imbibage au rhum. Pendant que le gâteau cuit, faites chauffer dans une petite casserole 50 ml d’eau avec 40 grammes de sucre. Portez à ébullition jusqu’à dissolution complète du sucre. Hors du feu, ajoutez deux cuillères à soupe de rhum ambré. Dès la sortie du four, alors que le gâteau est encore chaud et dans son moule, piquez sa surface à plusieurs reprises avec un cure-dent et versez délicatement le sirop sur toute la surface. Le gâteau va absorber le liquide comme une éponge. Laissez-le ensuite tiédir avant de le démouler. Cette technique simple transforme un excellent gâteau en un dessert d’exception.

La boisson parfaite pour accompagner ce gâteau

Le rhum ambré, déjà présent dans la recette, offre des notes chaudes et vanillées qui méritent d’être soulignées. Pour un goûter réconfortant, un chocolat chaud maison, préparé avec un bon cacao en poudre non sucré et une pointe de cannelle, sera un allié de choix. Sa rondeur et sa légère amertume contrasteront délicieusement avec le sucré du gâteau. Pour une fin de repas plus légère, optez pour un thé noir de Ceylan ou un rooibos aux notes d’épices douces (vanille, cannelle, cardamome). L’infusion chaude aidera à révéler tous les arômes du rhum sans alourdir le palais.

L’info en plus

Le gâteau au yaourt est bien plus qu’une simple recette ; c’est une institution dans les foyers français. Sa particularité, qui a fait son succès, réside dans son système de mesure d’une simplicité enfantine : le pot de yaourt vide. Cette astuce ingénieuse a permis à des générations d’enfants de faire leurs premiers pas en pâtisserie sans balance ni verre doseur. Christophe Felder, alsacien de cœur et pâtissier de renommée mondiale, est connu pour sa capacité à sublimer les classiques. Ancien chef pâtissier du prestigieux hôtel de Crillon à Paris, il n’a de cesse de transmettre son savoir-faire avec une pédagogie et une générosité rares. En s’appropriant le gâteau au yaourt, il ne le dénature pas. Au contraire, il lui rend hommage en appliquant des techniques professionnelles simples (comme le tamisage des poudres ou l’imbibage au sirop) qui en décuplent les qualités. C’est la preuve que la grande pâtisserie n’est pas toujours complexe ; elle est avant tout une affaire de précision, de bons produits et d’amour du geste.

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