Le chef italien Simone Zanoni, figure emblématique de la gastronomie transalpine installé à Paris, livre aujourd’hui les secrets d’un risotto aux asperges digne des plus grandes tables. Cette recette printanière, véritable hymne à la saison des asperges vertes, repose sur une technique précise que le chef a perfectionnée au fil des années dans les cuisines étoilées. L’astuce majeure révélée par Zanoni concerne le crémeux parfait : un savant équilibre entre le bouillon, le beurre et le parmesan, incorporés au dernier moment pour créer cette texture onctueuse si caractéristique du risotto àl’italienne. La mantecatura, ce geste final qui consiste à émulsionner le riz avec les matières grasses, transforme un simple plat de riz en une création gastronomique.
Contrairement aux idées reçues, réussir un risotto demande davantage de patience et d’attention que de compétences techniques avancées. Le chef insiste sur l’importance du riz carnaroli, variété italienne qui libère l’amidon progressivement tout en conservant une tenue ferme au cœur du grain. Les asperges vertes, choisies bien fermes avec des pointes serrées, apportent leur fraîcheur végétale et leur légère amertume qui contraste magnifiquement avec la douceur crémeuse du riz.
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moyen
€€
Ingrédients
Ustensiles
Préparation
1. Préparer les asperges
Lavez soigneusement les asperges vertes sous l’eau froide. Coupez la base ligneuse des tiges sur environ 2 centimètres, cette partie étant trop fibreuse pour être consommée. Pelez délicatement le tiers inférieur de chaque asperge avec un économe pour retirer la peau parfois coriace. Détaillez les asperges en tronçons de 2 centimètres environ, en gardant les pointes à part car elles cuiront plus rapidement. Réservez dans un bol.
2. Préparer le bouillon et l’échalote
Versez le bouillon de légumes dans une casserole et portez-le à frémissement sur feu doux. Il est essentiel que le bouillon reste chaud pendant toute la cuisson du risotto, car l’ajout de liquide froid bloquerait la cuisson du riz et empêcherait la libération progressive de l’amidon. Pelez et hachez finement l’échalote jusqu’à obtenir de tout petits dés. Cette découpe fine permettra àl’échalote de fondre complètement dans le risotto sans laisser de morceaux perceptibles.
3. Faire revenir l’échalote
Dans une casserole à fond épais, faites chauffer deux cuillères à soupe d’huile d’olive sur feu moyen. Ajoutez l’échalote hachée et faites-la suer pendant 2 à 3 minutes en remuant régulièrement avec une cuillère en bois. L’échalote doit devenir translucide et parfumée sans prendre de couleur dorée. Cette étape, appelée soffritto en italien, constitue la base aromatique du risotto et demande une attention particulière pour ne pas brûler l’échalote.
4. Nacrer le riz
Versez le riz carnaroli dans la casserole avec l’échalote. Augmentez légèrement le feu et remuez vigoureusement pendant 2 minutes pour enrober chaque grain de matière grasse. Cette opération de nacratura permet de sceller l’extérieur du grain, favorisant ainsi une cuisson homogène. Le riz doit devenir légèrement translucide sur les bords tout en restant blanc au centre. Vous entendrez un léger crépitement caractéristique qui indique que le riz est prêt pour l’étape suivante.
5. Déglacer au vin blanc
Versez le vin blanc sec en une seule fois sur le riz. Le liquide va créer une vapeur immédiate et un sifflement. Remuez constamment jusqu’à ce que le vin soit complètement absorbé par le riz, ce qui prend environ 2 minutes. Cette étape apporte l’acidité nécessaire qui équilibrera la richesse crémeuse finale du plat. Le vin doit s’évaporer presque entièrement avant de passer àl’ajout du bouillon.
6. Cuire le risotto progressivement
Commencez à ajouter le bouillon chaud louche par louche, en remuant régulièrement. Attendez que chaque louche soit presque entièrement absorbée avant d’ajouter la suivante. Cette méthode progressive permet au riz de libérer son amidon petit à petit, créant ainsi la texture crémeuse caractéristique du risotto. Maintenez un feu moyen constant et remuez toutes les 30 secondes environ. Le riz doit toujours être légèrement recouvert de liquide mais jamais noyé. Après 10 minutes de cuisson, ajoutez les tronçons d’asperges (sans les pointes). Poursuivez la cuisson en continuant d’ajouter le bouillon louche par louche.
7. Ajouter les pointes d’asperges
Après 15 minutes de cuisson totale, incorporez les pointes d’asperges réservées. Ces parties tendres nécessitent moins de temps de cuisson que les tiges. Continuez d’ajouter le bouillon et de remuer pendant encore 5 à 7 minutes. Goûtez régulièrement le riz pour vérifier la cuisson : il doit être al dente, c’est-à-dire tendre àl’extérieur avec un cœur légèrement ferme qui offre une résistance sous la dent. La cuisson totale du risotto prend généralement entre 18 et 22 minutes selon la variété de riz et l’intensité du feu.
8. Réaliser la mantecatura
Voici l’astuce du chef Zanoni pour obtenir un crémeux parfait : retirez la casserole du feu dès que le riz est cuit à votre convenance. Ajoutez immédiatement le beurre froid coupé en dés et le parmesan râpé. Remuez vigoureusement pendant 1 à 2 minutes en effectuant des mouvements circulaires amples. Cette technique de mantecatura, qui signifie littéralement rendre crémeux, crée une émulsion entre l’amidon du riz, le beurre et le fromage. Le risotto doit devenir brillant et oncteux, avec une consistance qui s’écoule lentement dans l’assiette. Ajoutez la dernière cuillère d’huile d’olive crue pour apporter du fruité. Rectifiez l’assaisonnement avec du sel et du poivre fraîchement moulu.
9. Laisser reposer
Couvrez la casserole avec un couvercle et laissez reposer le risotto hors du feu pendant 1 minute. Ce temps de repos permet aux saveurs de se fondre harmonieusement et au riz de finir d’absorber les dernières gouttes de liquide. Cette étape finale, souvent négligée, fait toute la différence entre un bon risotto et un risotto exceptionnel selon Simone Zanoni.
Mon astuce de chef
Le secret du crémeux parfait révélé par le chef Zanoni réside dans la température : le beurre et le parmesan doivent être ajoutés hors du feu pour éviter que les matières grasses ne se séparent. La mantecatura doit être énergique mais brève, jamais plus de 2 minutes, sinon le riz continue de cuire et perd sa texture al dente. Pour vérifier la consistance idéale, inclinez légèrement l’assiette : le risotto doit s’étaler lentement en formant une vague crémeuse, jamais rester compact ni être trop liquide. Si le risotto est trop épais, ajoutez une louche de bouillon chaud avant la mantecatura. Enfin, servez immédiatement car le risotto continue d’absorber le liquide même dans l’assiette et perd rapidement son onctuosité parfaite.
Accords mets-vins pour sublimer votre risotto
Ce risotto aux asperges demande un vin blanc qui respecte la délicatesse des saveurs printanières tout en supportant la richesse crémeuse du plat. Un Soave Classico du Veneto, région natale du risotto, constitue l’accord parfait avec ses notes d’amande et sa fraîcheur minérale. Le cépage garganega apporte une texture légèrement grasse qui s’harmonise avec le crémeux du riz.
Pour une alternative française, optez pour un Chablis ou un Saint-Véran de Bourgogne. Ces vins de chardonnay non boisés offrent une acidité vive et des arômes floraux qui rehaussent la saveur végétale des asperges. Un Vermentino de Sardaigne ou de Ligurie fonctionne également magnifiquement, apportant des notes d’agrumes et d’herbes méditerranéennes.
Servez le vin frais entre 10 et 12 degrés pour préserver sa vivacité. Évitez les vins trop boisés ou tanniques qui écraseraient les saveurs subtiles de ce plat printanier.
L’info en plus
Le risotto trouve ses origines dans la plaine du Pô, au nord de l’Italie, où la culture du riz s’est développée dès le XVe siècle grâce aux conditions climatiques favorables et aux systèmes d’irrigation sophistiqués. Cette région, qui s’étend entre le Piémont, la Lombardie et la Vénétie, produit encore aujourd’hui les meilleures variétés de riz italien comme le carnaroli, l’arborio et le vialone nano.
Le risotto aux asperges, appelé risotto agli asparagi en italien, célèbre l’arrivée du printemps et la courte saison des asperges vertes qui s’étend d’avril à juin. Cette recette s’inscrit dans la tradition de la cuisine vénitienne et lombarde, où les légumes de saison sont magnifiés par la simplicité des préparations.
La technique du risotto telle qu’enseignée par le chef Zanoni perpétue un savoir-faire transmis de génération en génération dans les familles italiennes. La mantecatura, geste final qui crée l’onctuosité caractéristique, représente l’essence même de la cuisine italienne : transformer des ingrédients simples en une expérience gastronomique mémorable par la maîtrise du geste et du timing.



