Le sfenj, ce beignet marocain aérien et croustillant, connaît une seconde jeunesse sur les réseaux sociaux. TikTok ne cesse de propulser cette pâtisserie traditionnelle au rang de star virale, notamment dans sa version fourrée à la crème pâtissière. Cette recette ancestrale, transmise de génération en génération dans les foyers du Maghreb, se réinvente aujourd’hui pour séduire les gourmands du monde entier.
Traditionnellement vendus dans les ruelles des médinas ou préparés pour les petits-déjeuners festifs, ces beignets moelleux se distinguent par leur texture unique : croustillante à l’extérieur, fondante à l’intérieur. La version fourrée à la crème pâtissière transforme cette douceur simple en véritable pièce montée de gourmandise, où la légèreté du sfenj rencontre l’onctuosité d’une crème vanillée.
Cette recette demande un peu de patience pour la fermentation de la pâte, mais le résultat en vaut largement la chandelle. Vous découvrirez comment maîtriser cette pâte collante si particulière et comment fourrer vos beignets sans les abîmer.
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Ingrédients
Ustensiles
Préparation
1. Préparer la pâte à sfenj
Dans le bol du robot pâtissier, versez l’eau tiède et saupoudrez la levure boulangère. Ajoutez une cuillère à café de sucre et laissez reposer 10 minutes jusqu’à ce que le mélange mousse. Cette étape s’appelle l’activation de la levure, elle permet de vérifier que vos ferments sont bien vivants. Ajoutez ensuite la farine, le reste du sucre et le sel. Pétrissez avec le crochet à vitesse moyenne pendant 8 minutes. La pâte doit être très collante et élastique, c’est normal. Huilez légèrement un grand saladier, transférez-y la pâte, couvrez d’un torchon humide et laissez lever dans un endroit tiède pendant 1h30 à 2 heures. La pâte doit doubler de volume.
2. Préparer la crème pâtissière
Pendant la levée de la pâte, préparez votre crème. Dans une casserole, versez le lait et portez à frémissement. Dans un saladier, fouettez les jaunes d’œufs en poudre reconstitués avec un peu d’eau selon les instructions du paquet, le sucre semoule et la fécule de maïs jusqu’à obtenir un mélange blanchi. Versez progressivement le lait chaud sur ce mélange en fouettant constamment pour éviter la formation de grumeaux. Reversez le tout dans la casserole et faites cuire à feu moyen en remuant sans cesse avec une spatule en bois. La crème va épaissir en quelques minutes. Quand elle nappe bien la spatule, retirez du feu. Incorporez l’extrait de vanille et le beurre clarifié. Filmez au contact, c’est-à-dire posez le film directement sur la crème pour éviter la formation d’une peau, et laissez refroidir complètement au réfrigérateur.
3. Façonner les sfenj
Une fois la pâte bien levée, huilez généreusement vos mains car cette pâte est très collante. Prélevez une boule de pâte de la taille d’une balle de tennis. Avec vos doigts huilés, formez un trou au centre pour créer une forme de beignet. Étirez délicatement pour agrandir le trou central. La technique traditionnelle consiste à faire tourner la pâte autour d’un doigt pour créer ce trou caractéristique. Déposez chaque sfenj façonné sur une plaque huilée en les espaçant bien. Vous devriez obtenir 8 à 10 beignets selon la taille.
4. Frire les beignets
Chauffez l’huile de friture à 170°C dans votre friteuse ou dans une grande casserole haute. Utilisez un thermomètre pour vérifier la température, c’est crucial pour obtenir des sfenj bien dorés et non gras. Plongez délicatement 2 à 3 sfenj à la fois dans l’huile chaude. Ils vont gonfler immédiatement. Laissez-les dorer 2 à 3 minutes de chaque côté en les retournant avec une écumoire. Ils doivent prendre une belle couleur dorée uniforme. Égouttez-les sur du papier absorbant. Répétez l’opération avec tous les beignets. Laissez-les tiédir complètement avant de les fourrer, sinon la crème va fondre.
5. Fourrer les sfenj
Sortez la crème pâtissière du réfrigérateur et fouettez-la quelques secondes pour la détendre. Transférez-la dans une poche à douille équipée d’une douille à fourrer, c’est-à-dire une douille fine et longue spécialement conçue pour injecter de la crème dans les pâtisseries. Avec la pointe d’un couteau, percez un petit trou sur le côté de chaque sfenj. Insérez délicatement la douille et pressez pour remplir le beignet de crème. Vous sentirez le sfenj gonfler légèrement sous vos doigts quand il est bien rempli. Remplissez généreusement chaque beignet.
6. Finaliser et dresser
Saupoudrez abondamment les sfenj fourrés de sucre glace à l’aide d’une passoire fine. Cette touche finale apporte une note sucrée supplémentaire et un joli contraste visuel. Disposez vos beignets sur un plat de service et dégustez-les rapidement, idéalement dans les 2 heures suivant la préparation pour profiter de leur texture optimale.
Mon astuce de chef
Pour vérifier que votre huile est à la bonne température sans thermomètre, plongez-y un petit morceau de pâte : il doit remonter immédiatement à la surface en grésillant doucement. Si la pâte brunit trop vite, l’huile est trop chaude. Si elle reste au fond, l’huile n’est pas assez chaude. La texture collante de la pâte à sfenj est normale et même recherchée, elle garantit la légèreté finale du beignet. N’essayez pas de la rendre plus ferme en ajoutant de la farine, vous perdriez cette texture aérienne si caractéristique. Pour une version encore plus gourmande, vous pouvez ajouter une touche de fleur d’oranger dans votre crème pâtissière, un parfum très apprécié dans la pâtisserie marocaine. Si vous préparez vos sfenj à l’avance, réchauffez-les 30 secondes au micro-ondes avant de les fourrer pour retrouver leur moelleux.
Un thé à la menthe pour une authenticité totale
Pour accompagner ces sfenj fourrés, rien de tel qu’un thé à la menthe traditionnel marocain, servi bien chaud et sucré. Cette boisson emblématique du Maghreb, préparée avec du thé vert gunpowder et de la menthe fraîche, offre un contraste rafraîchissant avec la richesse de la crème pâtissière.
Vous pouvez également opter pour un café des épices parfumé à la cardamome, une autre tradition orientale qui sublime les pâtisseries frites. Pour les amateurs de douceur, un verre de lait d’amande tiède saupoudré de cannelle constitue une alternative réconfortante.
Si vous servez ces beignets lors d’un goûter festif, pensez au jus d’orange fraîchement pressé, une boisson omniprésente sur les tables marocaines qui apporte une note vitaminée bienvenue après la gourmandise des sfenj.
L’info en plus
Le sfenj trouve ses origines dans la tradition culinaire séfarade et berbère du Maghreb. Son nom vient de l’arabe isfenj, qui signifie littéralement éponge, en référence à sa texture alvéolée et aérienne. Ces beignets sont traditionnellement préparés le vendredi matin et vendus dans les souks, où les vendeurs ambulants les façonnent avec une dextérité impressionnante.
Dans la culture marocaine, le sfenj accompagne souvent le petit-déjeuner du week-end, servi nature avec du miel, du sucre ou simplement saupoudré de sucre glace. La version fourrée représente une évolution moderne de cette recette ancestrale, popularisée par les pâtisseries urbaines avant de conquérir les réseaux sociaux.
La particularité de la pâte à sfenj réside dans son hydratation très élevée, qui la rend difficile à manipuler mais garantit cette texture si particulière : croustillante en surface grâce à la friture, moelleuse et presque crémeuse à l’intérieur. Cette technique de pétrissage et de façonnage se transmet traditionnellement de mère en fille.
Sur TikTok, les vidéos de sfenj fourrés cumulent des millions de vues, avec des variantes créatives : fourrage au Nutella, à la pâte de dattes, ou même version salée au fromage. Cette viralité témoigne de l’universalité du beignet frit, présent sous différentes formes dans presque toutes les cultures culinaires du monde.



