Rfissa au poulet et msemen effilochés : le plat de fête marocain parfait pour le premier week-end du ramadan

Rfissa au poulet et msemen effilochés : le plat de fête marocain parfait pour le premier week-end du ramadan

La rfissa s’impose comme l’un des plats les plus emblématiques de la gastronomie marocaine, particulièrement prisé lors des célébrations familiales et religieuses. Ce mets généreux, composé de msemen effilochés imbibés d’un bouillon parfumé et accompagnés de poulet fondant, incarne la convivialité et le partage qui caractérisent la cuisine du Maghreb. Traditionnellement servie aux jeunes mamans après l’accouchement pour ses vertus reconstituantes, la rfissa trouve naturellement sa place sur les tables du ramadan, notamment lors du premier week-end où les familles se réunissent pour rompre le jeûne ensemble.

La préparation de ce plat ancestral demande du temps et de l’attention, mais le résultat en vaut largement l’effort. Les épices marocaines — mélange aromatique typique comprenant fenugrec, ras-el-hanout et gingembre — transforment un simple poulet en une pièce maîtresse savoureuse. Les msemen, ces crêpes feuilletées typiques, se gorgent du bouillon épicé pour créer une texture unique, à mi-chemin entre le moelleux et le fondant. Cette recette authentique ravira vos convives et apportera une touche de tradition à votre table festive.

40

90

moyen

€€

Ingrédients

personnes +

Ustensiles

Préparation

1. Préparer le poulet et les aromates

Découpez le poulet en morceaux moyens (cuisses, ailes, blancs en deux). Émincez finement les trois oignons. Pilez ou écrasez les gousses d’ail. Dans un mortier ou un moulin à épices, broyez légèrement les graines de fenugrec pour libérer leurs arômes. Réhydratez le persil et la coriandre séchés dans un bol d’eau tiède pendant 10 minutes, puis égouttez-les soigneusement.

2. Faire revenir le poulet

Dans une grande cocotte, faites chauffer l’huile d’olive et le beurre à feu moyen. Ajoutez les morceaux de poulet et faites-les dorer sur toutes les faces pendant environ 10 minutes. Cette étape — appelée coloration en cuisine — permet de développer les saveurs et de créer une belle croûte dorée. Retirez le poulet et réservez-le dans une assiette.

3. Préparer le bouillon épicé

Dans la même cocotte, ajoutez les oignons émincés et l’ail écrasé. Faites-les revenir 5 minutes jusqu’à ce qu’ils deviennent translucides. Incorporez ensuite toutes les épices : fenugrec broyé, ras-el-hanout, gingembre, safran, curcuma et poivre noir. Mélangez pendant 2 minutes pour que les épices libèrent leurs arômes sans brûler. Ajoutez le persil et la coriandre égouttés, puis remettez les morceaux de poulet dans la cocotte.

4. Cuire le poulet dans le bouillon

Versez les 2 litres d’eau sur le poulet et les aromates. Salez selon votre goût. Portez à ébullition, puis réduisez le feu et laissez mijoter à couvert pendant 45 minutes. Le poulet doit devenir très tendre et se détacher facilement de l’os. À mi-cuisson, vérifiez l’assaisonnement et ajustez si nécessaire.

5. Cuire les lentilles

Rincez les lentilles vertes à l’eau froide. Après 30 minutes de cuisson du poulet, ajoutez-les directement dans la cocotte. Les lentilles cuiront dans le bouillon parfumé pendant les 15 dernières minutes, s’imprégnant de toutes les saveurs. Elles doivent être tendres mais pas écrasées.

6. Préparer les msemen

Si vous utilisez des msemen surgelés, laissez-les décongeler à température ambiante. Découpez chaque msemen en lanières d’environ 3 cm de large à l’aide d’un couteau ou de ciseaux de cuisine. Cette découpe en bandes permet aux msemen de mieux absorber le bouillon.

7. Imbiber les msemen

Une fois le poulet cuit, retirez les morceaux de la cocotte et réservez-les au chaud. Prélevez environ 1 litre de bouillon avec une louche. Dans un grand plat creux, disposez la moitié des lanières de msemen. Arrosez généreusement avec une partie du bouillon chaud. Les msemen doivent s’imbiber complètement mais ne pas nager dans le liquide. Laissez reposer 3 minutes pour que les crêpes absorbent le bouillon.

8. Monter le plat

Ajoutez une seconde couche de msemen par-dessus la première, puis arrosez à nouveau de bouillon. Disposez harmonieusement les morceaux de poulet sur le dessus. Répartissez les lentilles cuites autour du poulet. Nappez l’ensemble avec le reste du bouillon, en veillant à ce que tout soit bien humide mais pas détrempé. Le plat doit avoir un aspect généreux et brillant.

9. Finaliser avant de servir

Laissez reposer le plat 5 minutes avant de servir. Ce temps de repos permet aux saveurs de se mélanger harmonieusement et aux msemen de finir d’absorber le bouillon. Vous pouvez parsemer de quelques brins de coriandre fraîche pour la décoration si vous en avez sous la main, bien que ce ne soit pas traditionnel.

Juliette Lambert

Mon astuce de chef

Pour un bouillon encore plus savoureux, ajoutez une cuillère à soupe de miel en fin de cuisson : cette touche sucrée-salée est très appréciée dans la cuisine marocaine et équilibre parfaitement les épices. Si vos msemen sont trop épais, n’hésitez pas à les étirer légèrement avant de les découper, ils absorberont mieux le bouillon. Le fenugrec, épice centrale de cette recette, peut être remplacé par du fenugrec moulu si vous ne trouvez pas les graines, mais réduisez alors la quantité de moitié car le goût sera plus concentré. Préparez votre rfissa quelques heures à l’avance : elle se bonifie en reposant et les saveurs se développent davantage.

Accords traditionnels pour accompagner la rfissa

La rfissa, plat riche et épicé, s’accompagne traditionnellement de lait fermenté ou de leben, cette boisson lactée légèrement acidulée qui rafraîchit le palais et facilite la digestion. Durant le ramadan, un jus de dattes maison ou un thé à la menthe bien chaud constituent également d’excellents choix. Pour ceux qui souhaitent une option plus moderne, un lassi nature ou une eau de fleur d’oranger diluée apporteront une note rafraîchissante bienvenue.

Si vous servez ce plat en dehors du contexte religieux, un vin rosé de Provence bien frais ou un blanc sec comme un Côtes-de-Provence pourront accompagner agréablement les épices sans les dominer. Évitez les vins trop tanniques qui entreraient en conflit avec le fenugrec.

L’info en plus

La rfissa, également orthographiée trid ou rfisa selon les régions, trouve ses origines dans la tradition culinaire berbère du Maroc. Son nom dérive du verbe arabe rafasa qui signifie émietter ou effilocher, en référence à la façon dont les msemen sont découpés et imbibés de bouillon. Ce plat occupe une place particulière dans les rituoires marocains, notamment lors de la cérémonie du septième jour après la naissance d’un enfant, où il est offert à la jeune maman pour ses vertus nutritives et reconstituantes.

Le fenugrec, ingrédient phare de la rfissa, est reconnu depuis l’Antiquité pour ses propriétés galactogènes — favorisant la production de lait maternel — et fortifiantes. Les herbes aromatiques et les épices utilisées facilitent également la digestion, faisant de ce plat un véritable remède traditionnel autant qu’un délice gastronomique. Dans certaines régions du Maroc, on ajoute des pois chiches ou des fèves à la préparation, tandis que d’autres familles préfèrent utiliser des trid — fines feuilles de pâte similaires aux feuilles de brick — à la place des msemen.

Durant le ramadan, la rfissa s’impose naturellement sur les tables du ftour repas de rupture du jeûne — car elle combine richesse nutritionnelle et réconfort. Sa préparation devient un moment de transmission entre générations, où les secrets de dosage des épices et la technique d’imbibition parfaite se transmettent de mère en fille.

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